Mai 2024 – Séoul

Chers tous,

Nous voici au terme de notre voyage, à Séoul, que nous avons rejoint via la piste cyclable « des 4 rivières », qui fait partie du vaste réseau de plus de 1.700 kilomètres traversant le pays sur plusieurs axes.  La majeure partie du tracé est en site propre, et on en a profité un max !  Cela nous a tellement changé des 2 x 4 bandes de nos débuts en Corée du Sud… Tout au long du parcours, il y a de nombreuses pagodes sur le bord de la route qui invitent à la pause, des toilettes, parfois des points de ravitaillement en eau et même de petits ateliers d’autoréparation de vélo.  On a aussi retrouvé quelques poubelles publiques, ce qui a son importance (au Japon, il n’en existe pratiquement pas, ce qui surprend dans un pays où tout est suremballé, et ce qui nous a parfois quelque peu compliqué la tâche). Des cabines téléphoniques rouges annoncent des « certification points », où l’on peut apposer un cachet dans un petit carnet, preuve du passage au point donné. Un carnet rempli donne droit à un sticker dans le passeport, délivré par les autorités.

Les campings où nous nous arrêtons sont vastes et au décorum parfois étonnant. Ils rivalisent aussi d’illuminations qui se révèlent le soir venu.  

Au fil des kilomètres, nous continuons d’expérimenter la générosité extraordinaire des habitants.  Des cyclistes s’arrêtent pour donner aux enfants les ravitaillements qu’ils avaient prévus pour eux.  Dans les campings, il n’y a pas eu un soir où nous n’avons pas reçu de la nourriture (du kimchi bien sûr, le plat traditionnel coréen fait de légumes lactofermentés plus ou moins épicés), une table et des tabourets à prêter (on devait faire un peu pitié accroupis autour de notre butagaz…), et jusqu’à … 5 boites de 200 mouchoirs !  A deux reprises, nous nous sommes même fait avancer le coût de notre camping suivant par des gens rencontrés quelques minutes auparavant et que nous avions sollicités pour nous aider à réserver sur des sites en coréen (on vous racontera de vive voix comme il est fastidieux de réserver un camping en Corée du Sud, notamment parce que seuls des modes de paiements électroniques domestiques sont prévus, et parce qu’il faut toujours encoder la plaque d’immatriculation de sa voiture…).

L’entrée dans Séoul fut vraiment un chouette moment, par un dimanche très ensoleillé, entourés de centaines de cyclistes dans un ambiance mêlée de « 20 kilomètres de Bruxelles » et de « dimanche sans voiture ».  Il faut dire que les Coréens sont des amoureux du vélo.  Beaucoup roulent sur des modèles dernier cri (et couverts littéralement de la tête aux pieds, le visage entièrement masqué, pas un centimètre de peau ne devant être exposé au soleil, ce qui surprend un peu au début).  D’autres utilisent les vélos et tandems mis en location en de nombreux endroits le long de la piste.

A Séoul, nous profitons encore un peu de nos super vélos pour visiter cette ville énorme (près de 10 millions d’habitants), mais néanmoins vivante et attachante, à travers laquelle il est aisé de se déplacer à deux roues. D’anciens palais et lieux de culte (maintes fois détruits et reconstruits) cohabitent avec des gratte-ciels modernes. La ville est propre et très animée.

De nos vélos, nous devrons cependant nous séparer progressivement d’ici notre départ, pour leur permettre de vivre de nouvelles aventures auprès de Séouliens ou d’autres cyclovoyageurs étrangers partant également pour quelques semaines de route à travers le pays.

Nous serons heureux de vous revoir à partir de ce 7 mai !

Alix, Benjamin, Cécilia, Florent, Pascal, Prielle et Laurence

Avril 2024 – Nos débuts en Corée du Sud


Annyeonghaseyo ! (prononcez « Anyo Aséo », qui signifie « bonjour »)

Nous voici donc en Corée du Sud, à 250 kilomètres de Busan où nous avons débarqué depuis le Japon.  

Busan est une mégapole de plus de 3 millions d’habitants, que nous avons dû traverser à vélo à peine passée la douane, afin de rejoindre notre logement.  Et ces premiers kilomètres au « pays du matin calme » ont été l’occasion de saisir d’emblée ce que la suite allait globalement venir confirmer : nous avions totalement changé d’atmosphère. 

Dès les premiers coups de pédales au sortir du terminal des ferries, les encouragements fusent, ce qui n’est pas déplaisant.  Les (grosses) voitures – de marques locales bien sûr – fusent aussi d’ailleurs. Nous n’apercevons aucune maison mais uniquement des tours, parfois immenses.  C’est du côté de la grande plage d’Haeundae, au Nord de la ville, que nous prenons nos marques, et préparons la suite.

Les trois premiers jours de route se font sur des pistes cyclables en état moyen, le long de grands axes très fréquentés, dans des paysages urbains ou industriels.  Nous jouons de malchance avec les campings dans lesquels nous comptions nous arrêter (qui sont fermés, parfois uniquement le jour de notre arrivée prévue), et dormons dans des parcs. La cartographie OpenStreetMap, sur laquelle se base notre planificateur d’itinéraire (Komoot), est très incomplète (comme celle de Google Map d’ailleurs) et nous peinons à trouver des alternatives aux routes principales sur lesquelles nous sommes conduits.  Le « paradis des cyclistes » que d’aucun évoque à propos de la Corée du Sud se refuse alors encore à nous…

La suite sera plus heureuse.  Sous des températures dignes d’un mois de juillet dans nos contrées,  nous profitons de la grande sympathie des habitants que nous croisons sur la route où dans les campings (très prisés des Sud-Coréens). Les marques d’attention et de gentillesse sont nombreuses, tandis que nous arpentons des routes plus agréables, dénichées sur des applications de cartographie locales (Google n’ayant pas reçu l’autorisation d’utiliser les cartes officielles du pays pour son application Map, pour des raisons sécuritaires en lien avec le conflit avec la Corée du Nord, pays avec lequel la Corée du Sud est toujours officiellement en guerre).  Pratiquement chaque village à son église (le quart de la population est de confession chrétienne), ses cafés (soignés, et qui ne servent que du café), sa plaine de jeu et son aire publique de remise en forme, très utilisée par les habitants, dont le soin du corps est un vrai point d’attention. 

Nous passons par Gyeongju et ses tumuli (tombes royales datant du 9ème siècle, ensevelies sous la terre et présentant aujourd’hui l’aspect de petites collines). 

Dans les champs bordant les routes, le travail agricole est effectué par des femmes et des hommes d’un âge parfois très avancé.  Dans les villes également, il est frappant de croiser des travailleur.euses ayant largement dépassé ce qui constitue chez nous l’âge de la retraite. Ils ou elles ramassent les déchets, travaillent dans la restauration ou aiguillent les automobilistes lors de sorties de  camions de chantier.  Les familles que nous croisons dans les campings sont pour leur part issues d’une classe moyenne visiblement plutôt aisée.  C’est le paradoxe de cette économie sud-coréenne,  qui a fait passer ce qui était l’un des pays les plus pauvres du monde en 1960 à la 11ème économie mondiale aujourd’hui, mais dont les défaillances du (jeune) système de pension fait vivre la moitié des personnes de plus de 65 ans sous le seuil de pauvreté.  Et le vieillissement de la population, l’un des plus rapides du monde, rend  les solutions d’autant plus complexes à mettre en place. 

D’ici deux jours, nous aurons rejoint la grande piste cyclable qui traverse le pays du Sud au Nord, direction Séoul, point final de notre route.

Annyeonghaseyo ! (« Au revoir », qui se dit comme « bonjour » ;-))

Avril 2024 – Fukuoka

Bonjour à tous,

Nous passons nos dernières heures au Japon.  Demain matin, nous prendrons le ferry pour Busan en Corée du Sud.

En guise de clôture de ce chapitre japonais, nous vous proposons un petit résumé de ce qu’ont été ces 15 derniers jours.

De retour sur la côte (est) de Kyushu, nous avons fait halte pour deux jours dans les environs de Beppu, ville de taille moyenne réputée pour ses « enfers », une série de sources d’eau bouillonnante dissimulées dans la ville et présentant des tableaux colorés étonnants.

Nous sommes ensuite partis en direction de Fukuoka, au nord-ouest de l’île. Roulant sous des températures agréables, nous avons pu profiter des cerisiers en pleine floraison, d’agrumes offerts à la cueillette sur le bord des routes (mandarines, kumquats, oranges amères, pamplemousses) et du chant des oiseaux au réveil, omniprésent.  Sur la route, nous croisons des enfants en tenue de baseball, le sport roi dans la région. Ces étapes furent aussi l’occasion d’un bivouac bucolique dans un parc, en l’absence de camping dans les environs, et de quelques chouettes rencontres, parfois nouées autour du système d’attache du vélo de Florent, qui ne laisse décidément pas d’étonner. 

Fukuoka, où nous nous nous sommes arrêtés ces deniers jours, est une ville de bord de mer moderne et dynamique de 1,2 million d’habitants, qui présente tous les atours des grande villes japonaises telles que nous les imaginions : larges avenues bordées de commerces, bâti tout en hauteur, gare ferroviaire immense. Les vélos y sont omniprésents, et leur parking est strictement régulé (on a bien dû s’y faire…). Les trottoirs (souvent larges) font office de pistes cyclables et la cohabitation entre piétons et cyclistes est tout à fait étonnante : chacun marche (ou roule) où il veut, et jamais personne ne s’énerve ou ne s’agite. Et les sonnettes dont sont équipés les vélos ne servent manifestement qu’à la décoration, puisque nous n’en avons jamais entendue une seule… Ici comme ailleurs, nous restons amusés de constater que presque tout est en taille réduite : les logements, les voitures, les caddies des supermarchés, la hauteur des portes et des plafonds, le nombre de biscuits dans un paquet (chacun étant emballé individuellement), ….  Et que tout est très ordonné, chaque chose ayant sa place.  Les jardinets entourant les maisons n’échappent pas à la règle, ce qui leur donne un aspect très soigné. 

Ces quelques jours d’arrêt ont également été l’occasion d’une visite marquante à Hiroshima.  La ville fut presqu’entièrement détruite suite au bombardement du 6 août 1945, et il est stupéfiant d’apprendre que sa reconstruction fut entamée seulement quatre jours plus tard, par les survivants d’une population dont on estime que près d’un quart fut tué sur le coup, tandis que plusieurs dizaines de milliers d’autres victimes ont péri dans les jours, semaines et mois suivants, des conséquences du bombardement atomique.  Le récit des souffrances endurées par les victimes est horrifiant.  Pour un aperçu complet des causes et conséquences du désastre, nous vous conseillons le film « Hiroshima, la véritable histoire » de la réalisatrice britannique Lucy Van Beek,  disponible sur le site boutique.arte.tv.

On vous embrasse,

Les 7 vw ‘s

Mars 2024 – A l’assaut du Mont Aso

Bonjour à tous,

La pluie nous force à la pause.  L’occasion nous est ainsi donnée de vous transmettre quelques nouvelles de nous 7.

Après une dernière étape sur la côte (traversée de  Miyazaki et camping paisible au Cap Yuga, au bord de l’océan), nous avons bifurqué vers l’ouest et l’intérieur de l’île de Kyushu, en direction de Parc National Aso-Kuju.  Et le moins que l’on puisse écrire est que ce ne fut pas de tout repos.  La pluie, puis le vent, ont ajouté à la difficulté d’une route montante (près de 4000 mètres de dénivelé positif en 5 jours) et de températures plutôt froides.  Le jeu en valait toutefois la chandelle : les paysages étaient parfois magnifiques, et l’ascension du Mont Aso, le plus vaste ensemble volcanique du Japon, restera certainement un moment marquant de notre voyage. Et puis, ces conditions difficiles nous ont aussi permis d’expérimenter que le véritable luxe, c’est la satisfaction de ce qui a vraiment manqué.  Ceci dit, après l’effort, le réconfort, nous avons pu profiter d’un des nombreux onsens (bains d’eau naturellement chaude) qui ont jalonné notre parcours dans cette région où le thermalisme est omniprésent.

Au rayon médical, on dénombre quelques égratignures suite à deux belles chutes (causées par un potelet sur une piste cyclable et par une cape de pluie prise dans une roue), ainsi que des engelures causées par le froid.

Sinon, on profite toujours autant de tout ce qui, au Japon,  rend le voyage à vélo plus facile.  L’eau (potable) est disponible partout.  Les campings pullulent et sont pour la plupart charmants et bien équipés (même s’il faut toujours réserver à l’avance, ce qui nous oblige à nous montrer prévoyants et, lorsque le camping ne se trouve pas sur l’application Nappu qui nous permet de réserver en ligne, à compter sur quelque bonne âme pour téléphoner à notre place (nous ne maîtrisons pas encore suffisamment le japonais pour le faire nous-même 😉) ).  Il y a très peu d’insectes  (bon c’est vrai, c’est la fin de l’hiver aussi…).  Tout est extrêmement calme et paisible (nous n’avons pas entendu le moindre coup de klaxon depuis notre arrivée, ni la moindre sirène de police).  Et puis, qu’est-ce qu’on mange bien ! (et ce malgré l’absence presque totale de pain tel que nous le connaissons, absence que nous pallions par du pain de mie à la péremption fixée à … 2028 (véridique) mais que nous parvenons à sublimer grâce à un grille pain de camping !)

A tout cela s’ajoute un risque de vol objectivement quasi nul, qui nous permet de laisser les vélos et les bagages sans grande surveillance en toute sérénité, de jour comme de nuit.

La non maîtrise de la langue donne parfois lieu à quelques surprises.  On ne s’attardera pas sur  l’épisode du linge mis à laver dans un séchoir (heureusement, on avait oublié de mettre la capsule de savon dans le tambour… ) 😉

Un petit mot sur le travail scolaire, à propos duquel nous avons reçu quelques questions.  Les trois aînés suivent la matière enseignée en classe par leurs propres moyens, et moyennant une importante préparation avant le départ (par Laurence). Nous y consacrons 3 à 4 demi-journées par semaine.  Florent n’est pas en âge d’obligation scolaire tandis que Cécilia, qui a obtenu son CEB l’an dernier et fait sa 6ème primaire en néerlandais, s’attelle à conserver ses acquis.  Inutile de dire que tout cela n’aurait pas été possible sans le soutien des différentes écoles fréquentées par les enfants, la collaboration de nombre de leurs professeurs et de la disponibilité de la maman de Pascal pour les mathématiques (via des visioconférences hebdomadaires).   

Le mot des parents : nous expérimentons le voyage à vélo avec des ados et c’est une expérience très différente de ce que nous avons connu en 2017. Nos jeunes sont souvent une vraie aide, quand il s’agit de cuisiner, faire les courses, réparer une crevaison,… Ils sont plus volontaires et résistants sur la route. Ils tirent le meilleur d’eux-mêmes, à condition de manger bien et beaucoup et moyennant certaines exigences en matière d’hygiène, et de wifi/4G :-).

Au programme des jours à venir : 4 étapes pour rejoindre la ville de Fukuoka, à l’ouest, d’où nous passerons en Corée du Sud !

さようなら

Notre trajet sur Kyushu :

Mars 2024 – Premiers tours de roues au Japon

Konnichiwa ! (Bonjour, en japonais)

Nous vous écrivons depuis Miyazaki, sur la côte est de l’Ile de Kyushu, à 180 kilomètres de Kagoshima, lieu de départ de notre voyage.  Nous venons de rouler quatre jours entre mer et campagne, sous un soleil généreux mais à des températures plutôt fraîches (surtout le soir).

La route est assez vallonnée, et les paysages sont très variés. La végétation est tropicale en bord de mer, et plus « ardennaise » dans les terres.  La côte évoque un peu celle de la Californie. Les plages rocailleuses ont des allures de Bretagne. Les campagnes arborent leurs cultures de riz et de thé.

Au fil des kilomètres, nous prenons nos premiers repères dans une région dont nous ignorions presque tout.  Et le sentiment qui domine est qu’il fait plutôt bon cyclovoyager au Japon.  Les japonais roulent prudemment tandis que les routes sont bonnes et présentent souvent de larges accotements; nous ne nous sentons donc jamais en insécurité sur nos vélos (et nous nous sommes assez vite habitués à la conduite à gauche).  De nombreux camping jalonnent notre tracé.  Certains sont gratuits.  Et tous offrent des sanitaires d’une propreté presque irréprochable.  D’ailleurs, il y a des toilettes (électroniques !) partout au Japon.  Enfin, il est facile de se ravitailler, notamment dans les Lawson et les Seven Eleven, sortes d’épiceries multiservices offrant des plats cuisinés (bentos) pour pas trop cher (dont, pour l’instant, on ne se lasse pas !).

Les vélos achetés dans un magasin de Kagoshima sont parfaits. Et les enfants tiennent le rythme (les parents aussi). Et si nous devons limiter nos étapes quotidiennes à environ 45 kilomètres, c’est parce que les journées sont aussi accaparées par l’installation et la désinstallation du campement le soir et le matin, la recherche de nourriture et par les multiples pauses (voulues ou contraintes).  Ce qui ne laisse finalement qu’un nombre limité d’heures sur le vélo.

La communication n’est pas toujours évidente dans la mesure où nous ne parlons pas le japonais, et où les gens que nous côtoyons au quotidien ne parlent pas du tout l’anglais.  Google translate aide bien sûr, mais cela reste parfois un peu frustrant quand même.

Au rang des curiosités locales, la presque totale absence de chiens dans les rues(ce qui nous change de nos expériences sud-américaines…), la grande propreté générale, le calme extrême des japonais, et le sentiment de très grande sécurité (le Japon est considéré comme le pays au taux de criminalité le plus bas au monde).

Avant de prendre la route, nous avons passé quelques jours sur l’île d’Okinawa, la plus méridionale du Japon.  Ce fut l’occasion de voir des baleines (et leurs petits) et d’expériences assez magiques de snorkeling.

Au programme des jours à venir : le mont Aso, le plus vaste (et l’un des plus actifs) volcan du Japon. 

Sayonara !

Décembre 2017 – Buenos Aires

Bonjour à tous,

Voilà, c’est fini.  Ce mercredi 20 décembre, nous décollerons de Buenos Aires direction la Belgique.  Les vélos sont emballés, prêts à embarquer.  Il ne nous reste plus qu’à vous raconter ce que furent ces quatre dernières semaines sans vélos, que nous avons mises à profit pour approfondir notre découverte de la Patagonie.

En guise de première étape, nous sommes retournés au Chili, que nous avions dû quitter trop rapidement à la fin du mois d’octobre, à cause du mauvais temps.  Remontant (vers le Nord, donc) la fameuse carretera austral dans un décor de forêts denses et de plages qui nous évoquaient le Costa Rica, nous sommes arrivés à Chaiten, village en reconstruction après que le volcan du même nom l’a totalement ravagé en 2008.  L’ascension du volcan donne à voir des paysages étonnants d’arbres nus et de terre de cendre, et son sommet fumant constitue une belle récompense pour les grimpeurs (que nous fûmes).    A Caleta Gonzalo, la route s’arrête et c’est en bateau que la remontée se poursuit.  Passage par les villages d’Hornopiren et de Llanquihue (pour y admirer le majestueux volcan Osorno) et c’est déjà le retour en Argentine, après six jours d’une route superbe (et presque sans pluie !).

Ensuite, ce fut la découverte inoubliable du glacier Perito Moreno, tout au Sud de l’Argentine.  Découverte en deux temps.  En prenant de la hauteur, d’abord, via l’ascension du Cerro de los Cristales (littéralement Mont des cristaux, au sommet duquel nous avons, en creusant un peu, en effet trouvé des cristaux !).  Du sommet, l’on aperçoit une bonne partie de la « langue » du glacier, longue de quelque 30 kilomètres.  Au plus près, ensuite, en allant se frotter à cette spectaculaire couche de glace qui surplombe la mer d’une hauteur de 60 mètres. Une visite en fin d’après-midi permet souvent de voir s’effondrer des pans entiers de ce mur de glace, ce qui constitue un spectacle véritablement extraordinaire.

De retour à Bariloche, nous avons retrouvé Marie-France, la maman de Pascal, avec qui nous avons passé six jours formidables dans un gîte dont nous avons d’autant plus apprécié le confort que nous sortions de nombreuses nuits sous tente.  Au programme, entre autres, redécouverte de quelques lieux phares par lesquels nous étions passés à vélo, passage par les boutiques des artisans chocolatiers du centre de Bariloche et ascension des Cerro Campanario et Cerro Catedral offrant des vues exceptionnelles sur les lacs et montagnes de la région.  Et puis comment ne pas évoquer les trois (!) visites de Saint-Nicolas auxquelles les enfants ont eu droit grâce à Bonne-Mamy qui n’avait pas oublié de lui communiquer leur adresse en Argentine ?

Une nuit de bus et nous voici à près de 1000 kilomètres plus à l’Est du pays, le long de la côte atlantique, à Puerto Madryn. Sur ces terres (et notamment sur celles de la célèbre péninsule Valdes) se concentre une faune (terrestre mais surtout marine) abondante, dont les majestueuses baleines.  De baleine nous ne verrons malheureusement pas, celles-ci ayant tout juste entamé leur longue descente vers le Sud.   Nous avons par contre pu apercevoir dans leur milieu de vie des phoques, éléphants de mer, pingouins et autres dauphins, ainsi que de nombreux guanacos, maras et autruches.

Arrivés à Buenos Aires, nous profitons du climat ensoleillé de ce début d’été (il parait qu’en Belgique, ce mois de décembre fut le plus sombre depuis des lustres !).  L’ambiance est ici aussi aux fêtes de fin d’année mais, sous 30°, ce n’est pas tout à fait pareil…

En guise de mot de la fin, nous souhaitons vous remercier de nous avoir suivis de près ou de loin, pour vos marques d’intérêt et vos messages d’encouragement.  Ce fut un vrai plus que de pouvoir partager notre voyage avec vous.

Hasta pronto !

Les Vw’s

 

Bariloche

Hola todos,

De Temuco, nous sommes partis à la découverte de l’Araucanie, région du Chili qui tire son nom des araucarias qui y poussent en nombre.  Nous avons roulé jusqu’à Curacautin, aux portes du parc national Conguillio que nous comptions traverser.  La route était belle, assez vallonée, avec en point de mire le volcan Llaima.  Les enfants ont beaucoup apprécié les soirées au coin du feu dans cette région boisée.

De la route partaient des sentiers menant à des lieux plus isolés où vivent des communautés mapuches.  Les mapuches, selon leur tradition orale, seraient les seuls à avoir résisté à l’invasion de l’empire inca et même les conquistadors espagnols ne parvinrent pas à les soumettre).  Incessantes victimes des gouvernements dictatoriaux au Chili et en Argentine, l’existence de leurs peuples est officiellement reconnue en Argentine depuis 1994 et au Chili depuis 2009. Toutefois, le développement du tourisme mais surtout l’exploitation forestière ainsi que la construction de routes et de centrales hydroélectriques représentent des menaces importantes pour les ressources des peuples mapuches qui vivent encore essentiellement des bienfaits de la forêt.  Leurs revendications sont principalement liées à la récupération des territoires ancestraux et les mouvements de résistance sont régulièrement réprimés au nom des lois anti-terroristes. Une action en particulier a connu un plus large écho en 2003, opposant un couple mapuche à Benetton qui possède 9% des terres cultivables de Patagonie, essentiellement pour l’élevage de moutons.

Arrivés à Curacautin, nous avons appris que le parc Conguillio était fermé pour cause de neige et/ou la route bloquée par des manifestants mapuches exigeant un dédommagement parce qu’il est question d’asphalter la route traversant le parc, sur leur territoire.    Quoi qu’il en soit, impossible de passer. De plus, la pluie s’annonçait pour une semaine…

Nous avons donc, en bus, fait demi-tour et rejoint Villarica où nous sommes restés une semaine, attendant le retour d’un temps sec.  Nous en avons profité pour travailler pour l’école et fêter Halloween.  La pluie ne cessant pas (aahh …  le Chili !) et les prévisions demeurant médiocres pour plusieurs jours encore, nous avons – un peu frustrés – décidé de quitter cette région en bus direction l’Argentine, quelque 150 kilomètres plus à l’Est.

En Argentine, nous avons retrouvé – en plus d’une météo plus à notre avantage – les innombrables sanctuaires en l’honneur de Gauchito Gil, qui jalonnent les routes de tout le pays.  Il s’agit d’un personnage légendifié qui fait l’objet d’un véritable culte. Selon certaines versions, il aurait été une sorte de robin des bois et on lui attribue de nombreux miracles post mortem. Il n’est pas le seul.  La ferveur populaire vénère également, par exemple, la Difunta Correa. On raconte que cette femme mourut de soif, son enfant serré contre sa poitrine et que l’enfant survécut, en tétant le lait de sa défunte mère.  En son hommage, on trouve près de chaque oratoire des monticules de bouteilles d’eau (ce qui nous assurait de ne jamais souffrir de la soif, quoique nous n’ayons jamais eu à y avoir recours :-)).

C’est à Junin de los Andes que nous avons pu reprendre la route sous les inénarrables cris des bandurrias (ibis locaux, à tête jaune) et entamer la magnifique route des 7 lacs.  La joie de réenfourcher le vélo était bien présente.  Après un col (rondement mené), la route ondoie entre lacs vert émeraude, cascades et rivières cristallines.  Nous sommes allés d’émerveillement en émerveillement (pas étonnant que l’on y croise de très nombreux cyclovoyageurs).

La route se termine à Villa la Angostura, au bord du lac Nahuel Huapi et ses eaux turquoises.  La fin de notre voyage à vélo était proche, et – déjà un peu nostalgiques – nous avons pris notre temps pour rejoindre Bariloche en profitant des campings (encore vides à cette saison) bordant le lac.

A Bariloche, nous avons fait la connaissance d’Alejandra et Miguel qui nous ont accueilli avec beaucoup de gentillesse et ont accepté de garder nos vélos durant les excursions que nous projetons de faire dans les 15 jours à venir, au Chili et au Sud de l’Argentine.

C’en est donc terminé de la partie « vélo » du voyage, après un peu plus de quatre mois de route.  Et  ce fut une expérience en tous points réussie. Nous sommes très fiers des enfants dont les corps et les esprits se sont visiblement renforcés au fil des kilomètres parcourus.  Ils nous ont surpris par leur enthousiasme permanent et leur capacité d’adaptation.

Nous nous apprêtons désormais à poursuivre sous un autre mode la découverte de la Patagonie, chilienne et argentine, notamment en compagnie de Marie-France qui nous rejoint dans quelques jours.  Inutile de préciser que les enfants l’attendent avec grande impatience.

¡ Un abrazo fuerte a todos !

Les 6 Vw’s

 

Valparaiso (Chili)

Bonjour à tous,

A l’heure de boucler notre précédent « post », nous nous trouvions à Cafayate, au Nord de l’Argentine, où il nous fallait trouver une solution pour nous transporter plus de mille kilomètres plus au Sud du pays, à Mendoza.  Après avoir envisagé différentes options (le bus – impraticable, pour différentes raisons ; la location d’une camionnette – totalement impayable ; le stop – pas évident sur une distance si longue ; …), nous avons sans trop y croire déposé des flyers sur le pare-brise de quelques voitures de type pick-up.  Et l’improbable s’est produit : nous avons été contactés par Miguel, qui partait le lendemain vers Mendoza, à vide et avec une remorque, et ne voyait pas d’objection à ce que nous lui tenions compagnie durant les 14 heures qu’allait durer le voyage !

Une fois sur place, nous avons passé deux jours à Tupungato, à 80 km au sud de la ville, à l’invitation d’une bande de motards rencontrés sur la route tout au Nord du pays quelques semaines plus tôt. Au programme : BBQ argentin, visite d’un vignoble et discussions multiples avec de vrais amoureux de leur région (en plus d’être des passionnés de la route).  Ce fut un super moment.

 

Le 13 octobre à l’aube, nous sommes montés (en bus) jusqu’à la frontière chilienne (située au sommet de la cordillère, à flanc de l’Aconcagua) que nous avons franchie en VIP, grâce à la gentillesse des douaniers locaux.  Ce furent ensuite des kilomètres d’une impressionnante descente en lacet, avant de gagner la plaine, puis de rejoindre non sans une certaine émotion la côte pacifique.

A Horcon, petit port de pêche en bord d’océan, nous sommes restés deux nuits à l’« Eco camping du bout du monde » tenu par Audrey et Cédric, un couple de jeunes français qui développe également une activité de fabrication et de vente de pains au levain.

Nous avons ensuite rejoint la ville de Valparaiso, « perle du Pacifique » mais dont la découverte se mérite compte tenu de son relief escarpé.  La majeure partie de la ville est en effet construite sur des collines (cerros) sur le flanc desquelles les habitations sont peu à peu construites.  Elles sont pour la plupart desservies par des escaliers (et certaines par des ascenseurs).  Jusqu’à inauguration du canal de Panama, la ville portuaire était le passage obligé des bateaux rejoignant l’Océan atlantique par le détroit de Magellan.  Aujourd’hui, les touristes (chiliens comme étrangers) viennent y découvrir les façades colorées des maisons et ses ruelles couvertes de graffitis.  On vient également y manger des fruits de mer et profiter des plages de Vina del Mar, situées à quelques kilomètres au Nord.  Chère au poète Pablo Neruda, la ville a souffert de plusieurs tremblements de terre et d’un gigantesque incendie en 2014, que les pompiers mirent plus de 10 jours à maîtriser.

Ce soir, nous prenons le bus direction Temuco, 800 kilomètres plus au Sud.  De là, nous repartirons (en vélo) pour un ultime tronçon en direction de San Carlos de Bariloche, en Argentine, qui constituera le point final de notre périple sur deux roues.

A bientôt !

Les 6 VW

Cafayate (nord-ouest argentin)

Chers tous,

Après trois semaines et quelque 600 kilomètres parcourus sur les routes argentines,  il est maintenant temps de vous donner quelques nouvelles.

C’est donc en train au départ d’Uyuni que nous avons rejoint la frontière bolivo – argentine, au terme d’un trajet très confortable, mais aussi très lent : 9 heures pour un peu plus de 200 kilomètres…

Depuis La Quiaca, une fois la frontière franchie, nous nous sommes engagés dans la venteuse Quebrada de Humahuaca et ses montagnes colorées.

A l’approche de la ville de Jujuy, quelque 2000 mètres plus bas, le climat plus chaud de ce début de printemps nous a offert des paysages à la végétation plus abondante (et plus fleurie), les chevaux et les vaches remplaçant aussi les lamas et les vigognes.

Enfin, après Salta et jusqu’à Cafayate – terre de vignes – d’où nous vous écrivons, ce fut la route 68 (rendue célèbre par le film argentin Relatos Salvajes que nous vous recommandons vivement), à travers la Quebrada de las Conchas.

L’Argentine fut aussi le lieu de nos premières rencontres avec d’autres « cyclos » :  Patrick l’Anversois, parti de Quito en Equateur et rejoignant Ushuaia ; Julie et Hervé, un couple de français en route également vers Ushuaia ; Jean-Marie, un Mulhousien parti de l’extrême nord de l’Alaska avec, pour destination, toujours la Terre de feu ; et Sebastian et Paola, deux Colombiens sur les routes d’Amérique du Sud depuis onze mois, et avec lesquels nous avons également partagé la route.  Ces rencontres et, surtout, ces jours de route en commun compteront certainement parmi les moments marquants du voyage pour nous comme, peut-être surtout, pour les enfants.

Et puis comment ne pas évoquer l’enthousiasme des Argentins que nous croisons sur les routes.  Tous nous encouragent.  Certains s’arrêtent pour nous offrir à manger ou à boire. D’autres (Andres et Ana Maria à Jujuy, Claudio à El Carril) pour nous proposer un logement !

A présent, il nous faut décider de la suite.  L’étendue des territoires argentin et chilien nous impose une sélection, alors que nous allons devoir prendre le temps de poursuivre comme il se doit le suivi scolaire des enfants.  Nous ne manquerons pas, bien sûr, de vous tenir au courant ;-).

Les Vw’s

 

 

 

¡ Hasta luego Bolivia !

Salut à tous,

Nous partons cette nuit en train pour la frontière argentine et clôturons notre passage en Bolivie par ce post vous racontant ces deux dernières semaines.

Après avoir laissé nos vélos à Uyuni, nous avons pris le bus pour Sucre (dîtes « Soucré ») qui profite d’un climat tempéré chaud.  Sucre, ou la ville blanche, est la capitale constitutionnelle de la Bolivie.  C’est là que fut déclarée l’indépendance. Elle est le siège de la Cour Suprême et compte des rues entières de bureaux d’avocats ainsi qu’un bureau pour Ste Rita (pour les cas impossibles).  C’est une jolie ville à l’architecture coloniale semée de nombreux patios fleuris.   Nous avons profité pendant quelques jours des jus de fruits frais du marché central (jus de tumbos, maracujas, chirimoyas, et autres fruits plus courants) ainsi que de la plaine de jeux du parc Simon Bolivar.

Ce fut aussi l’occasion de rencontrer Jhamil que nous parrainons depuis quelques années via Plan International.  Nous avons passé une journée inoubliable à 2h de route de Sucre avec Jhamil, sa famille et sa classe qui nous avait préparé un magnifique spectacle de danses au son du charango.  Nous avons en réponse poussé la chansonnette en osant l’histoire de la chaussette qui veut son ami fil…

Le lendemain, nous avons retrouvé avec beaucoup de plaisir les parents de Laurence, Brigitte et Philibert.  Après quelques jours passé à Sucre, nous avons rejoint la ville de Potosi qui s’étend au pied du Cerro Rico, site majeur de la production d’argent dans l’empire colonial espagnol. Potosi fut l’une des capitales du monde au XVIIe siècle.  Ce sont plus de 30.000 tonnes d’argent qui furent directement envoyées vers l’Europe grâce au travail forcé des indigènes.  On dit qu’on aurait pu construire un pont au-dessus de l’Atlantique avec la quantité d’argent extraite des mines de Potosi. Les mines et la ville coloniale sont classées au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1987 mais ce titre est en péril en raison des activités minières incessantes et incontrôlées dans la montagne du Cerro Rico qui dégradent le site historique.

Nous avons quitté la ville un jour pour aller nous baigner dans les eaux thermales de Miraflores et avons prolongé la journée en compagnie de Jaime et Anne-Françoise, qui habitent là-bas et nous avaient préparé un bon pique-nique, à la découverte d’un canyon d’une beauté stupéfiante fait de roches friables et de grottes.

L’étape suivante avec Brigitte et Philibert fut Uyuni afin de leur faire découvrir le salar, le volcan Tunupa et ses momies ainsi que l’île Incahuasi.

C’est reposés et en pleine forme que nous nous préparons à quitter la Bolivie pour tracer notre route en Argentine.

A bientôt !

Les 6 VW

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